Demeures de la nuit

Au fin fond de vieux manoirs hantés passent
les spectres du temps passé.
De la noblesse décadente prérévolutionnaire
au naufrage du Titanic le 15 avril 1912, c'est tout
le dix-neuvième siècle qui est ici convoqué. Un
siècle romantique, conçu dans l'orgie de sang de
la Terreur, accouché dans la boue glacée de la
Campagne de Russie et agonisant dans les tranchées
de 14-18. Ici l'ancien monde des privilèges
sombre doucement, beau navire qui prend l'eau,
avec une sensualité désespérée, une mélancolie
Fin de Siècle. La nostalgie des fastes coloniaux
n'a d'égal que l'orgueil décati des vieilles familles
finissantes. Leurs ultimes rejetons, vieux libertins
lubriques, vieilles filles solitaires ou veuves
en deuil errent dans les salons clos aux décors
surannés.
Huit nouvelles où des fantômes féminins fatigués
nous guident dans le dédale de leurs demeures
de la nuit, réclamant leur dû vampirique aux
vivants, poursuivis d'une amoureuse sollicitude.