Langage, perception, mouvement : Blanchot et Merleau-Ponty

Langage, perception, mouvement : Blanchot et Merleau-Ponty

Langage, perception, mouvement : Blanchot et Merleau-Ponty
Éditeur: J. Millon
2008347 pagesISBN 9782841372317
Format: BrochéLangue : Français

Percevoir et dire. Entre ces deux dimensionnels de l'existence,

les rapports sont multiples et ne cessent, en cette pluralité, d'habiter

et de façonner la relation au monde, à autrui et à soi. Comment penser

leur interdépendance et leur différenciation critique ? Comment

l'ouverture et l'échappée perceptives paraissent-elles, dans une certaine

mesure, s'accomplir comme hors langage ? Et qu'en est-il de

ce bouleversement que la parole introduit, selon aussi son versant

plus obscur, dans le champ perceptif et sensible ? Inscrite dans le

terme même de phénoménologie, cette question du rapport entre

perception et langage est développée plus particulièrement à partir

d'une lecture, parfois très contrastée, des oeuvres de Blanchot et de

Merleau-Ponty. Qu'en est-il de cette différence et de cette divergence

entre, d'une part, l'espacement sans monde de l'errance - cet

espace d'altérité et d'étrangeté qui hante l'expérience - et, d'autre

part, la spatialisation et la chair du monde que découvrent l'interrogation

perceptive et l'expression ? Outre cet «entretien infini» entre

Blanchot et Merleau-Ponty, l'originalité de cet ouvrage réside aussi

dans la tentative d'interroger ces rapports pluriels entre perception et

langage à travers l'élaboration d'une phénoménologie du mouvement

selon diverses modalités : du geste à la marche, de l'immobilité

à la mobilité potentielle, de l'ascension à la chute... Comment le

dimensionnel du geste vient-il, par exemple, infléchir la dynamique

du rapport entre percevoir et dire ? Parmi ces diverses modalités du

mouvement, où se dessine à chaque fois un lien différent à la genèse

et aux potentialités du dire, se trouve cependant ici privilégié le

mouvement basal et spatialisant de la marche. Mais aussi, selon un

contraste critique, celui d'une errance indéfinie, et comme sans fond,

dans des régions frontières qui ne sont pas sans mettre à l'épreuve

jusqu'à la teneur intime et la portée dévoilante du mouvement. Si ce

n'était peut-être sa formulation ontologique, s'appliquerait, quant à

cette énigmatique différence, le propos de Patocka selon lequel «le

mouvement serait ici le moyen terme entre les deux manières fondamentales

dont l'être découvre l'étant.»

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