Le partage du sang. Vol. 1. Louis Freyburger

S'il est un peuple que l'Histoire a roulé dans ses vagues,
c'est bien le peuple alsacien. La famille Freyburger la
voit de nouveau déferler sur elle. La guerre de 1870 a
enlevé à Louis son père et en a fait un Allemand. La
victoire de 1918 lui rend sa patrie, mais la mort de ses
fils tempère sa joie de se retrouver français. Son instinct
d'Alsacien l'avertit que ce n'est pas fini et qu'un troisième
holocauste lui plantera de nouveaux couteaux dans le
coeur.
Mais l'amour unit des êtres que séparent les haines les
plus farouches et le patriotisme le plus intransigeant. Car
l'Alsace est au coeur du livre comme une auberge pleine
de chansons et de rires où on laisse toute désespérance
en entrant.
Une saga alsacienne où la gaîté sourd de
toutes parts.
Et puis un jour qu'on se croyait bien tranquille - on
s'était rassemblé autour de la roulante, on humait à
pleins naseaux le puissant fumet de la cuisine militaire
- un obus tomba dans la marmite, il tua les cuistots et
gâcha complètement la soupe, ce qui était d'ailleurs
sans importance, il n'y avait déjà plus personne pour la
manger. Car un obus n'arrive jamais seul et des centaines
d'autres accompagnaient celui-là.