Guide pratique d'escrime artistique : l'escrime à deux armes : rapière et dague, 1550-1650

La Renaissance : A lui seul, ce mot évoque parfaitement le flot
d'innovations et de bouleversements de toutes sortes et en tous domaines
qui déferlent sur l'Europe à partir du XVème siècle.
Toutes ces changements, pour la plupart importées d'Italie,
n'épargneront pas l'art de l'escrime puisque finalement, ils provoqueront
l'abandon des méthodes de combat ancestrales et accéléreront l'apparition
de celles que nous pourrions qualifier de «modernes», en marquant
notamment les derniers sursauts du combat à deux armes et les premiers
essais d'une théorie qui assurera aux maîtres français une renommée
incontestable.
Une mutation tardive mais douloureuse qui s'opérera en un siècle, à
grand renfort d'affrontements sanglants !
Cent années (1550 à 1650) durant lesquelles, combattre les armes à
la main tendra à devenir un Art et une Science, plus encore, un raffinement
qui prendra une dimension sociale en envahissant la vie civile.
Cent années durant lesquelles les «férus d'honneur», affichant un
étonnant mépris pour la vie, asphyxieront la société de leur provocations
les plus cocasses.
Cent années durant lesquelles la frénésie du duel atteindra des
sommets d'extravagance.
Cent années durant lesquelles l'audace cèdera le pas à l'arrogance.
«Monsieur, vous êtes si peu de chose que, n'était l'insolence de vos
paroles, je ne me souviendrais jamais de vous. Ce porteur vous dira le
lieu où je suis avec deux épées dont vous aurez le choix. Si vous avez
l'assurance d'y venir, je vous ôterai la peine de vous en retourner.»
... et les dés sont jetés...
Cause ou conséquence du duel, ce siècle vit un perfectionnement
fulgurant de l'Art de l'escrime. Loin des tueries qui s'ensuivirent c'est un
projet plus pacifique qui anime l'auteur de ce volume : proposer au lecteur
des axes de réflexion sur des techniques historiques et la manière de les
adapter au monde du spectacle.
Dès lors, si la violence des combats subsiste, elle ne sera que
simulée... sur scène, pour le plaisir de surprendre un auditoire et celui de
donner la réplique à un partenaire complice.