Notice sur la bienheureuse V. Enimie : la royale recluse des gorges du Tarn

La notice que nous donnons aujourd'hui de la bienheureuse vierge Enimie, n'est pas nouvelle ; elle remonte, au contraire, au delà du siècle qui va finir, ayant été écrite dans le monastère qu'avaient fondé les mains royales de cette auguste princesse, avant que le cataclysme de la grande Révolution eût chassé de cette sainte maison ses pieux habitants et jeté au vent les nombreux documents renfermés dans ses archives.
C'est une perle précieuse, heureusement sauvée du naufrage, que nous avons, il est vrai, un peu retouchée, mais d'une main discrète, nous efforçant de lui conserver le parfum d'onction et de douce piété dont elle est empreinte.
Mais peut-être sera-t-il bon, avant d'entreprendre ce récit, de nous demander si l'histoire de cette princesse quittant les splendeurs de la cour des rois de France, pour venir, à la fleur de son âge, s'ensevelir dans ces gorges sauvages de nos montagnes, ne serait pas une légende trop facilement acceptée par un peuple crédule, ou si ce prodige d'abnégation et de pénitence a réellement existé.