Flandre noire

«... Marcelle semblait avoir été fauchée en plein ouvrage.
Dans l'ombre, un seau renversé, plus loin dans le fond, des
animaux invisibles dont je percevais le souffle. Au bout de
longues minutes, l'évidence s'imposa comme un coup de feu :
en écoutant les conciliabules entre le docteur et le gendarme, en
regardant le corps cassé, la joue contre terre, la bouche encore
amère, le triste fichu gouttant d'un peu de sang sombre, et toute
cette paille... à ce moment seulement, je compris qu'il s'agissait
d'un crime.»
Juin 1945. Après trois années passées en déportation, monsieur
Georges, l'instituteur, revient au village. Habité des visions
d'Auschwitz-Birkenau, l'humaniste qu'il était a vu toutes ses
valeurs s'envoler dans le ciel de Pologne. La paix de la campagne
flamande n'est pour lui qu'un silence compassé où flotte encore
le mal radical.
Les événements lui donneront raison : un crime parfait est commis
dans la petite communauté rurale, parfait parce que rendu impossible
par la présence de l'intraitable molosse de la victime. La quête
philosophique se double d'une investigation policière...