Le Jeu divin

Dans le temps, historiquement, dans l'espace, synchroniquement, deux types de pensée se disputent la représentation de la réalité : la pensée mythique et la pensée mathématique. Le langage métaphorique du mythe et le langage mathématique paraissent sans liens vérifiables, sans fondement commun sûrement établi. Avoir trouvé un système qui ne soit ni la réduction d'un système à l'autre ni la synthèse dialectique de l'un et de l'autre est bien là le génie d'Arnold Keyserling dans "Le Jeu divin". Il fait entrer le champ métaphorique du mythe dans le logos mathématique à travers le jeu banal de 52 cartes - arcanes complets de la science cabalistique auxquels il adjoint les images du zodiaque - et la construction clé la Roue, dont le centre, est le zéro, le vide, le "moteur immobile" d'où émanent toutes les dimensions spatio-temporelles, le macrocosme et le microcosme. Mais cette découverte serait incomplète si l'auteur en nous initiant à ce savoir "ait service de la connaissance de Dieu" ne nous montrait en même temps comment l'utiliser dans notre vie quotidienne pour notre accomplissement d'homme.
"Quand on a compris la théorie de la Roue et lorsqu'on connaît réellement les arcanes, on devient capable d'éclaircir la totalité des questions que l'on se pose."
Arnold Keyserling fut des son enfance nourri par les contacts avec les grands penseurs de son temps, Jung, Adler, Tagore...