Parerga & Paralipomena : petits écrits philosophies

Parerga & Paralipomena : petits écrits philosophies

Parerga & Paralipomena : petits écrits philosophies
Éditeur: CODA
2006945 pagesISBN 9782849670200
Format: BrochéLangue : Français

Les Parerga et Paralipomena d'Arthur Schopenhauer, dont c'est ici

la première traduction intégrale en français, sont constitués d'écrits

complémentaires ou supplémentaires au Monde comme Volonté et

Représentation , qu'il appelle son «oeuvre principale». La philosophie, son

histoire et sa dénaturation universitaire, la nature du monde et de la vie, la

religion et les prêtres, les formes et conditions de la sagesse, l'éthique, la

logique, le droit, la politique, l'esthétique, la langue et le style, la lecture et

les livres, les femmes, la physionomie, le bruit -, il les aborde de front, de

manière incisive, parfois provocante, voire déplaisante, mais toujours

sincère, profonde, vigoureuse. Fouillant jusqu'à l'os les idées reçues, les

conventions, les pensées toutes prêtes, c'est un de ces «bons haïsseurs»

dont parle Jonathan Siwft ; «éducateur», disait Nietzsche.

Homme de vaste culture, abordant la vie de première main,

disséquant le réel jusqu'à la trivialité, Schopenhauer décape, proposant

une vision du monde âpre, exigeante, dont l'actualité est souvent

frappante.

Si à l'occasion il se révèle hautain, emporté, voire brutal, c'est le

prix qu'il paye pour son élucidation des rapports entre notre volonté de

vivre et nos représentations mentales, son anticipation géniale de Freud, sa

mise en lumière de l'importance de la pensée asiatique, sa mise à nu de la

nature essentielle de l'oeuvre d'art.

Si son ironie est redoutable et sa logique serrée, il sait aussi faire

place à une douceur de sentiment, à une compassion bouleversante pour

les animaux, les esclaves et la traîte des Noirs, les faibles, les sans parole,

soumis à la dictature éternelle du vouloir-vivre et à sa féroce expression

humaine. Nietzsche, Maupassant, Marcel Proust, Taine, et beaucoup

d'autres puisèrent à cette source qui s'efforce impitoyablement d'atteindre

au coeur des choses, à la connaissance des premiers principes.

Karl Marx, qui fut son contemporain, disait : «Il ne s'agit pas de

comprendre le monde, mais de le transformer» ; mieux et plus

profondément que d'autres, Schopenhauer ne cesse de clamer que pour

transformer le monde, il faut d'abord le comprendre, que ce processus

nécessite de transformer la vision que nous en avons, d'abord esclave

naturelle du vouloir-vivre, et ainsi nous transformer nous-mêmes. En ce

sens, ce livre est aussi une initiation, un exercice à l'antique.

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