Quartiers brisés, habitants spoliés : l'arnaque de la rénovation urbaine la Madeleine d'Evreux

L'ANRU, le logement social, vous connaissez ? Les
émeutes urbaines, les démolitions spectacles, des
millions engloutis et, chaque année, le même
constat : le manque de logements, la précarité
grandissante. Comment en sortir ?
La Madeleine d'Évreux, quartier des zones dites sensibles
: un de ses habitants, Jacques Caron, qui allie
l'expérience professionnelle de l'observation des
faits à l'engagement dans son territoire, livre ici un
récit, parfois pathétique, des réalités vécues.
Il montre comment, derrière une façade honorable,
la rénovation des quartiers de logements sociaux, se
cache une redoutable machine à paupériser et à fragiliser les quartiers
populaires. Les destructions massives sont financées par le 1 % logement,
auparavant réservé à la construction des logements et à leur entretien.
Les travaux de reconstruction font appel à l'emprunt, remboursé par les
locataires : ainsi l'ANRU contribue-t-elle à la crise du logement. Les
dégâts dans le patrimoine immobilier amplifient la détresse humaine.
Nos quartiers de logements sociaux n'ont pas besoin principalement d'un
nouvel urbanisme, mais de citoyenneté, de démocratie, d'un système de
représentation, d'une gestion, d'une fiscalité plus juste.
Nos quartiers n'ont pas besoin d'argent, source d'endettement supplémentaire,
mais de l'arrêt des gaspillages, d'un bon usage de l'argent
public, d'un retour aux fondements de notre société et, d'abord, à la
représentation républicaine, souvent oubliée.