Le lecteur dans les Poésies de Stéphane Mallarmé

Bien qu'abondamment étudlé, le recueil de Mallarmé, l'une des
références incontournables dans la littérature française et mondiale,
sera toujours l'objet de nouvelles investigations. La présente
étude l'aborde du point de vue de l'esthétique de la
réception. Elle se propose de montrer que l'examen du rapport
entre écriture et lecture est l'une des entrées fondamentales
pour comprendre la poésie de Mallarmé. En effet, c'est après
avoir reconsidéré, pendant les deux années cruciales 1864 et
1865, la place du lecteur et la question de la lisibilité que
Mallarmé est passé d'une première manière d'écrire à une écriture
tout à fait neuve. Pendant cette période, l'obscurité du
poète, imprégnée d'un symbolisme nocturne, dénote une sorte
de crispation, mais plus tard, pendant les années 1880-1890,
elle évoluera pour devenir plus joviale et empruntera le symbolisme
de la blancheur séminale.
Ce travail jette ainsi un autre regard sur l'évolution littéraire et
spirituelle de Mallarmé et s'attache à étudier la question de la
communication poétique à travers les différentes images qui
représentent le lecteur dans les poèmes eux-mêmes.