Je tresse mes mots

Je tresse mes mots

Je tresse mes mots
Éditeur: L'Harmattan
2010137 pagesISBN 9782296110861
Format: BrochéLangue : Français

Peu de signes par page, et parfois la page est vide. Je tresse

mes mots : des discontinuités et des brièvetés, je fais, ou j'essaie de

faire, entrelacs et liens. Ou de quelques poussières, agglomérat : «Je

ne suis que la poussière du Temps».

Dès l'entame est évoquée une sortie - vers l'Olympe ;

d'autres suivront, «les messes expiatoires», les dogmes («palabres

et foutaises»), les «Ipséités volubiles», etc., toutes récusées. Autant

de fausses sorties qui se réassignent un lieu, tandis que la divagation

ne fraie sa voie qu'en dénonçant l'illusoire de tous ces lieux.

Mais le «tresseur» n'est-il pas lui-même pris dans le «rêve

névrotique» ? Il n'advient comme sujet qu'en s'en dégageant, par le

frayage qu'est la divagation - il n'advient que du poème : «Je suis

l'enfant prodigue de l'air / Lié siamois à la vertébration du poème».

Divaguer n'est pas oublier ; une mémoire qui ne peut

s'apaiser ni dans la nostalgie, ni dans le rejet propulse la divagation.

Divaguer, c'est rester fidèle à ce rapport inapaisé. Inapaisable ?

En dépit du refus par le poète de l'extase olympienne, le

lecteur, du moins le lecteur européen, ne s'étonnera pas de rencontrer

sous sa plume Eros, Hercule ou Prométhée : le temps lui semble avoir

neutralisé tout rapport de croyance à ces demi-dieux ou héros du

panthéon grec. En ira-t-il de même lorsqu'il rencontrera Erzulie ou

Baron Samedi, loas du panthéon vaudou ? En faisant se côtoyer

Aphrodite et Erzulie, l'auteur haïtien ne revitalise-t-il pas la première

par la seconde, les entraînant l'une et l'autre dans un rapport inapaisé

avec nous, Haïtiens ou Européens ?

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