Flac : récit. L'écriture commence où finit la psychanalyse

Freud a beau en avoir donné l'exemple constant,
il n'est pas d'usage qu'un psychanalyste révèle au
public quoi que ce soit de son propre inconscient.
Serge André aimait à dire de cette première
oeuvre littéraire, qu'elle est «autobiographique à
mille-pour-cent», c'est-à-dire autobiographique
à cent-pour-cent plus neuf-cent-pour-cent qui ont
été ajoutés...
De l'envahissement d'une mère au bord de la folie
au récit hallucinatoire d'un meurtre, puis à la
capture érotique par une figure de père absolument
inédite en littérature, et en passant par l'hypnotique tyrannie d'un collège
uni dans le suave masochisme chrétien , et par la vision tétanisée du viol
de sa mère par ses grands-parents et son père réunis, Flac, héros sans
âge fixe, raconte moins sa vie, ses souvenirs ou ses fantasmes que son
rapport complexe et oppressant à la dictature des mots.
Serge André arrache à la langue un accord nouveau, marque d'une
rupture radicale qui annonce l'illumination rédemptrice sur laquelle se
conclut le livre.
Le texte du récit est suivi d'une postface dans laquelle l'auteur interroge
avec lucidité sa division entre psychanalyse et écriture.