Les relations internationales de 1918 à 1939

Contrairement à ce qui pourrait être déduit d'une conception strictement
déterministe de l'histoire, la Seconde Guerre mondiale n'est pas
tout entière en germe dans la façon dont s'est déroulée et conclue la
première. Il n'y a pas eu d'enchaînement irréversible des faits qui ont
produit Hitler et Staline et qui relient, sans la moindre possibilité de voir
le film se dérouler autrement, la «paix dictée» de Versailles et l'affrontement
entre les démocraties et les totalitarismes qui, pour ne parler
que de l'Europe, commence avec la guerre d'Espagne et se transforme
trois ans plus tard en un conflit planétaire. Le sort de l'Europe et celui
du monde se sont sans doute joués sur un petit nombre d'options prises
par tel ou tel décideur, options qui auraient pu être différentes et
modifier le cours des choses.
Et pourtant, l'histoire de cette période n'est pas simple : succession
d'accidents, de hasards, d'occasions manquées. Si elle n'est pas déterminée
par la manière dont a été mis en place en 1919 le nouvel ordre
international, cela ne veut pas dire que ceux qui ont installé le système
n'ont pas généré en même temps la possibilité de le détruire, ni qu'ils
n'ont eu aucune responsabilité dans le déroulement des faits qui
allaient aboutir aux agressions hitlériennes de 1938-1939.
Ce problème du rapport entre l'enchaînement causal des faits et leur
contingence est au centre de ce livre consacré aux relations internationales
de l'entre-deux-guerres, une période ponctuée d'événements
dramatiques et qui s'achève par un conflit dont le monde continue de
subir les innombrables conséquences.