Lettres à Juan Bautista

O n ne sait jamais où sont les toreros. Quand ils ne sont pas au
coeur de leur quête. Pieds joints dans le cercle de leur folie.
Ces lignes signent le nouveau pacte littéraire d'Yves
Charnet. De 2001 à 2006, il a suivi de près la carrière de l'une
des grandes figures actuelles de la tauromachie française, le
torero d'Arles, Juan Bautista. De la brusque interruption de sa
carrière, en 2003, à son retour réussi en 2005, l'écrivain assiste
à la métamorphose consacrant définitivement le torero lors du
triomphal été 2006 qui culmine, le 15 août à Dax, dans une
légendaire faena sous le déluge.
Comme il l'avait déjà fait avec Maurice de Guérin, dont le
fantôme romantique hantait son précédent livre, Yves Charnet a
pris le parti de s'adresser directement à ce double fabuleux.
Pour approcher l'énigme de cet étrange destin consistant à
rechercher, devant les toros, une beauté jusque dans mourir. À
l'écart des livres habituels sur la tauromachie, ces lettres constituent
un étonnant (auto)portrait de l'artiste en torero. Des arènes
du Sud-Est à celles du Sud-Ouest, ces notes d'un voyage initiatique
sont aussi la géographie d'une âme. Elles parviendront à
ceux qui se passionnent pour les choses de l'arène comme à
ceux qui se demandent de quelle étoffe les rêves sont faits.
Toréer, écrire : deux arts réunis dans une même passion.