Histoire naturelle des lavandes

Chacun connaît la Lavande ; son usage est de
tous les temps, de tous les pays ; son emploi
est journalier. L'odeur douce, agréable et pénétrante
de son esprit parfume nos cheveux,
nos mains, nos vêtements, ranime nos sens fatigués
ou engourdis, dissipe les vapeurs mélancoliques
qu'enfante la lassitude des plaisirs.
Les femmes de l'Arabie se servent de son huile
pour donner un beau lustre à leurs longues
chevelures d'ébène, et les dames romaines ont
préféré son parfum au nard précieux de l'Inde.
C'est sous les climats chauds du midi de l'Europe,
que cet arbuste velouté a établi sa demeure
; il recherche les rayons brûlans du soleil,
et quand les plantes qui l'entourent s'inclinent
comme accablées de l'ardeur du jour,
c'est alors que la Lavande redresse ses tiges
élégantes et répand au loin ses parfums les plus
exaltés. La nature, qui l'a dédommagée par le
nombre, de la petitesse de ses fleurs, a pourvu
toutes ses autres parties de vésicules remplies
d'une huile odoriférante et salutaire.