CinémAction, n° 32. L'Holocauste à l'écran

L'empreinte des ombres
Fille de survivants de l'Holocauste, Annette Insdorf analyse en profondeur près de cent films consacrés au génocide des Juifs.
Pourquoi rappeler « l'empreinte des ombres » de la « Nuit et du Brouillard » ? D'abord le thème, étrangement, était vierge en français. Ensuite, « Auschwitz et Treblinka... seuls ceux qui y ont vécu savent ce qu'ils représentent », écrit Elie Wiesel dans sa préface.
Or l'auteur confie : « Toute petite encore, j'entendais autour de moi des mots comme « le camp », « Auschwitz », « Lager », « Belsen », des mots qu'un rapport mystérieux reliait avec le chiffre tatoué sur le bras de ma mère... Plus tard, quand, étudiante à Yale, j'ai pu voir le film d'Alain Resnais, j'ai eu pour la première fois une vague idée de ce que mes parents, parmi d'autres, avaient vécu ».
Après la parution aux États-Unis de cette recherche, François Truffaut écrivait : « C'est un très bon livre, extraordinairement instructif et très bien mené. Personne ne pourra plus écrire sur le cinéma de cette période sans se référer à ce travail considérable et exemplaire ».
CinémAction a pensé qu'il n'était pas inutile d'en publier une version actualisée (traduite par Michelle Rosenbaum) dans la France d'aujourd'hui.