Gordes, le temps des artistes

Avec Gordes, le temps des artistes , et après Aspects de
la vie à Gordes de la Révolution à l'aube du XX<sup>e</sup> siècle et
Gordes, le temps des artisans , la trilogie consacrée au
village de Gordes s'achève. C'est une autre de ses
multiples facettes que présente ce dernier ouvrage
en retraçant l'histoire des artistes, très nombreux,
qui y ont séjourné et travaillé.
Deux peintres, Paul Vayson et Joseph Milon,
nés à Gordes en 1841 et 1868, dont les oeuvres ont
connu un succès certain, ont laissé, l'un des toiles
évocatrices de paysages et de scènes de la vie locale,
l'autre, transféré jeune à Aix, des scènes de genre,
des nus, des portraits...
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, André
Lhote, «ébloui», achète une maison et fait peu à
peu venir ses amis : Marc Chagall en 1940 ; le photographe
Willy Ronis en 1948 ; et d'autres encore.
Plus tard, après la guerre, un groupe d'artistes, réunis
par leur appartenance à la galerie Denise René,
Jean Deyrolle, Victor Vasarely, Jean Dewasne, le critique
Charles Estienne..., conquis à leur tour, choisissent
Gordes. Ils en attirent bien d'autres, fidèles
visiteurs ou résidents, parmi lesquels Serge Poliakoff,
le sculpteur danois Robert Jacobsen, et le second
grand critique d'art abstrait Léon Degand. Le
village devient un «creuset de talents», accueille
peintres, sculpteurs, poètes, écrivains, photographes
et des personnages hors du commun, au
destin souvent exceptionnel. Le château, restauré
par Victor Vasarely, reçoit ses oeuvres et rassemble
une foule de visiteurs, de 1970 à 1996, puis présente,
jusqu'en 2012, les peintures de Pol Mara.
Au récit animé et imagé de ces vies d'artistes se
lie l'histoire d'un village qui, très éprouvé par
l'exode de ses habitants et par les deux conflits, a
pu renaître de ses ruines jusqu'à connaître une rare
notoriété.