Chroniques des années de déportation : 1942-1944

Il ne s'agit pas d'un roman. Une oeuvre d'historien ? Oui, dans la mesure où l'Histoire peut
être captée, rapportée par la juxtaposition significative d'extraits de documents. Travail d'historien,
donc, effectué sinon pour une plus profonde connaissance de l'Histoire du moins pour
une meilleure approche de l'air du temps de la période. Quel était-il, ce climat des jours durant
les sombres années de la déportation en France ? Nous le savons peu. Le présent ouvrage a
l'ambition de combler ce manque.
Politique, collaboration, résistance, culture et déportation et non pas Shoa seule. Autant de pistes
esquissées pour souligner que la Shoa n'a pas été une calamité tombée comme la foudre
mais un fait politique soutenu par les uns, combattu par les autres. A noter d'ailleurs que l'un
des historiens spécialistes de l'époque, Raoul Hildberg n'utilise pas le mot Shoa mais celui de
Destruction du judaïsme.
Contrairement à une idée assez largement répandue les ashkénazes ne furent évidemment pas
les seules victimes de la tragédie du 20ème siècle. Le convoi n° 44 du 9 Novembre 1942 était
entièrement consacré à la déportation des Juifs originaires de Grèce comme des wagons le
furent pour des originaires de Turquie. Dans les listes des premiers convois et sur toutes celles
des convois qui suivirent figurent les noms de Juifs d'Afrique du Nord : Algérie, Maroc et
Tunisie. La liste de ces déportés a été dressée et elle est publiée en annexe du présent ouvrage.