Revue internationale de psychosociologie et de gestion des comportements organisationnels, n° 48. L'irrationnel : source de la vitalité organisationnelle ?

L'homme ne survit-il pas grâce à un subtil mélange de rationnel et d'irrationnel ?
Mais, dans ce cas, supprimer l'irrationnel ne constituerait-il pas un risque majeur ?
En tout cas, c'est le point de vue de George Bernard Shaw qui aurait écrit : «Ce
qu'il nous faut, ce sont quelques fous, voyez où nous ont conduits les gens
raisonnables... Un homme raisonnable s'adapte au monde, un homme déraisonnable
s'obstine à adapter le monde à son image. Tout progrès dépend donc de l'homme
déraisonnable».
Plus précisément, dans ce dossier, Jardat donne le ton en se demandant quelle est
l'essence du rationnel et si le rationnel ne serait pas simplement qu'une représentation
illusoire simplifiée ? Avier, Bazin, Karboul et Karoui, Mériade et Mainetti, Passe et
Zouaoui s'interrogent ensuite sur les «générateurs» organisationnels qui produisent
l'irrationnel : l'émotion, la croyance, la personnalité, l'improvisation et la spiritualité.
Puis le dossier examine l'irrationnel au sein des différents niveaux de comportement
organisationnel : l'Individu, la Dyade, le Groupe puis l'Institution. Au niveau des
comportements organisationnels des personnes , Cousineau, Erbs, Maizeray et
Sciberras presentent quelques exemples d'irrationnel avec les coiffeuses, les
responsables-diversité et les bénévoles fidèles. Au niveau des comportements
organisationnels des dyades et des groupes (relation mentor-mentorés, formateur-formés,
thérapeute-patients, etc.) Ganier et Jaotombo présentent deux exemples
d'irrationnel dans le développement personnel et la formation tout au long de la vie.
Au niveau des comportements organisationnels des institutions, Bourion,
Persson, et Trebucq, Philippe-Dussine puis Traversi présentent quelques exemples
d'irrationnel au sein de l'organisation du temps de travail, de la coordination du travail
et de l'architecture du travail. Pour conclure, Atkouf, Benseba et Dandelot, Guimarães-Costa
et Pina e Cunha se demandent si, finalement, l'irrationnel serait source de vie vs
mort ou de liberté vs d'asservissement ? Ensuite, Botet Pradeille et Rappin se demandent
si ce ne serait pas l'excès de rationalité qui provoquerait l'étouffement de l'organisation ?
Enfin, après le tournant linguistique, Moriceau et Paes étudient l'émergence d'un second
tournant de la recherche en théorie des organisations : le tournant vers l'affect ou « Turn
to Affect », particulièrement vers les neurosciences de l'émotion.