J'ai épousé un Palestinien

Ma pupille frémit, s'agite, grandit, envahit le miroir. Le vert de
l'iris disparaît sous la buée. Mon regard s'immobilise,
s'approfondit et creuse le tain de ma mémoire.
Le roman s'ouvre sur cette image du miroir d'où surgissent les
souvenirs de l'héroïne retirée dans un foyer pour y finir ses jours.
Se tisse alors un réseau de correspondances intimes entre la
mémoire d'un passé douloureux et celle d'un présent plus serein.
Doucia, juive ukrainienne née à Berditchev en 1930, subit et
raconte la persécution des Juifs par les nazis, à travers son regard
de fillette de onze ans. Rescapée, elle est cachée et recueillie par
une famille chrétienne. Elle émigre ensuite en Israël en 1949,
s'installe à Akko où elle rencontre Hassan, un musulman
palestinien à qui elle taira ses origines en s'enfermant dans un
mutisme salvateur. Hassan l'acceptera telle qu'elle est.
Une déchirure : leur fils aîné séduit par le fanatisme religieux.
Ces tranches de vie affleurent ponctuées par la voix chère des
êtres disparus et la poésie des Mille et Une Nuits.