Baccalauréat : à qui profite la démocratisation ?

L'objectif d'amener huit jeunes sur dix au niveau du
baccalauréat n'a été qu'approché puisque actuellement 70 % d'une
génération atteint ce seuil. Cependant, cet objectif a généré, entre
1985 et 1995, un mouvement totalement inédit avec à la clef le
doublement de la proportion de bacheliers. Depuis une décennie,
cette proportion stagne ce qui constitue un autre phénomène jusqu'à
lors inobservé. Face à cette situation, il est aujourd'hui possible de
savoir quelles ont été les conséquences de ces deux phénomènes sur
les mécanismes de reproduction sociale. Cet ouvrage, tiré d'une
thèse de doctorat soutenue en 2003, analyse les parcours scolaires
de milliers d'élèves depuis leur entrée en préélémentaire jusqu'à la
fin de leur formation initiale. Il prend aussi en compte leur insertion
professionnelle ainsi que leur évolution de carrière sur une très
importante période temporelle. Cette approche permet d'élaborer
une large synthèse de l'évolution des inégalités et d'analyser les
rapports entre ascenseur scolaire et ascenseur social afin de
répondre à ces deux questions clefs : la massification de
l'enseignement secondaire a-t-elle généré un mouvement de
démocratisation et quels éventuels bénéfices sociaux les individus
ont-ils tiré de l'accroissement de leur investissement scolaire ?