Les sentiments et le politique

Aujourd'hui comme hier, la vie politique suscite les sentiments et les
passions, les amours et les haines. De tout temps, philosophes, historiens,
psychologues se sont interrogés sur les dévotions à l'égard des chefs adulés
ou sur les fureurs des révoltés. Cependant les affects politiques tendent, dans
les sciences humaines d'aujourd'hui, à être considérés comme des dimensions
secondaires, comme des conséquences des changements, et non comme des
phénomènes à comprendre et à étudier.
Mais notre monde que l'on dit post ou hyper-moderne engendre-t-il de
nouvelles économies psychiques, d'autres passions ou d'autres formes
d'apathies ? Des approches non positivistes, issues de la psychanalyse
notamment, paraissent fécondes pour penser les conjonctures et les
fanatismes actuels. Des situations diverses, au Brésil, en Pologne, aux Etats-Unis
ou en France, peuvent contribuer au renouvellement de nos paradigmes.