Chacune blesse, la dernière tue

En moins d'une seconde, un regard se refuse : c'est le
meurtre par omission. En moins d'une seconde, l'amour
manque, toute une vie se joue... «Chacune blesse, la dernière
tue», dit l'ancienne sagesse. Quand le narrateur a-t-il été
frappé ? Alors qu'il travaille sur un film, Alter Rachkess
refait le montage des heures de sa vie. Il les visionne comme
les revoient, dit-on, ceux qui meurent. Au fil des lumières,
des prénoms, il retrouve les femmes aimées, leurs yeux,
surtout. Son histoire s'inscrit dans le destin des Juifs
d'Europe : les grands-parents sont venus de Lituanie en
France, le père se réfugie dans les Alpes durant l'Occupation.
Pour Alter, la vie devient un meurtre sans mobile apparent.
Entre Paris, Tel Aviv, Jérusalem, New York, Vilnius, le
plateau du Golan ou les canyons du Colorado, cet homme
«de partout et de nulle part» cherche la clé de l'énigme.