Désir de penser, peur de penser

«L'incapacité de penser n'est pas la "prérogative"
de tous ceux qui manquent d'intelligence,
elle est cette possibilité toujours présente qui
guette chacun.»
Hannah Arendt
Cet ouvrage entend s'attacher aux origines et
aux effets de la tension entre le désir et la peur de
penser - particulièrement vive - dans les sociétés
contemporaines : désir, besoin de penser qui supposent
la liberté, l'audace, le courage, l'imagination,
le temps de l'hésitation et du doute, qui sont
en permanence confrontés à la peur de penser, la
crainte ou l'angoisse induite et renforcée, intensifiée
par le convenu, le conformisme, les tendances
homogénéisantes, l'automatique et le
mécanique toujours à l'oeuvre au plus profond
des processus de l'individualisme contemporain.
Le jeu, l'imagination, l'amour, la souffrance,
l'interrogation sur soi et sur les frontières - disciplinaires
et géographiques - ne cessent d'influer
pour une part obscure, mais décisive, sur
les processus de pensée, même quand ils se heurtent
à des entraves majeures. Ainsi de ces bouleversements
qui, provoqués par une économie de
marché sans limite et quasiment sans opposition,
entraînent une perte des repères et un brouillage
des cadres indispensables à la réflexion, allant
jusqu'à remettre en question la possibilité même
de penser dans les sociétés contemporaines.