Problèmes politiques et sociaux, n° 938-939. Les classes moyennes

En France, les classes moyennes sont régulièrement évoquées à
travers les médias sur un mode alarmiste : elles seraient
angoissées, en plein désarroi, et s'estimeraient les premières
victimes de la pression fiscale, du déclassement social, etc. Un tel
discours n'est pas nouveau. Mais il demeure imprécis : qu'entend-on
au juste par «classes moyennes» ? Les professions intermédiaires
? Les cadres ? Une partie des professions libérales ? Les
enseignants ? Ou bien les petits et moyens indépendants ? Et pourquoi
pas les employés ?
Rompant avec le registre politico-médiatique qui a souvent prévalu
sur le sujet, ce dossier retrace l'histoire de l'expression «classes
moyennes», souligne sa profonde ambivalence et la grande instabilité
de son usage dans le temps. Il montre qu'en raison de nombreux
clivages (indépendants/salariés, public/privé...), les classes
moyennes contemporaines ne forment pas un ensemble structuré,
cohérent et organisé mais constituent néanmoins un troisième bloc
dans notre société, à côté de la classe dirigeante et des classes populaires.
Dans une optique clairement sociologique, ce dossier dresse le portrait
des différentes composantes des classes moyennes aujourd'hui
; il décrit leurs attitudes, comportements et styles de vie ; et
met en évidence, dans une dernière partie, les limites du discours
convenu sur la crise des classes moyennes.