La Vénus perdue

François Prieur, né en Corse, pose ses valises à Marseille
et en tombe amoureux. Amateur éclairé de littérature, bibliophile
et passionné de Stendhal, durant toute sa vie, il fut
l'un des promoteurs dans les colonnes du Petit Provençal,
puis du Provençal, de la culture à Marseille.
Depuis le dernier étage d'un appartement qu'il
partageait avec sa mère, rue de la République, il rêvait,
telle une préoccupation de chaque instant, aux successives
démolitions des quartiers de la plus ancienne ville de
France. Il y plaça une Vénus de pierre - il se prit, lui le
poète et le grand écrivain, pour un employé municipal -
et tout en discourant au bar des Templiers avec quelques
amis, devint peu à peu l'avocat de l'archéologie de la cité
phocéenne.
Retrouver sa Vénus, il y parvint, puisque aujourd'hui,
certes après l'intervention d'une dizaine de porte-voix,
quelques beaux restes de Massilia sont enfin mis à jour et
l'on peut rêver encore aujourd'hui aux Vénus non découvertes,
et Dieu sait si François Prieur serait bienvenu pour
décider les mêmes à creuser quand il le faut.
Son roman passionnant, d'une belle écriture vive et
enjouée, ne l'a pas satisfait. Il le fit quasiment disparaître.
Gageons qu'il réjouisse encore ceux qui ont besoin du sous-sol
de l'Histoire pour apprécier la jeunesse de Marseille.