Edesse : joyau chrétien aux confins arméno-syriens

Édesse
Joyau chrétien aux confins arméno-syriens
Édesse, ville de la haute Mésopotamie, fut longtemps peuplée de Syriaques et d'Arméniens. La dénomination Cité des patriarches , en référence à Abraham et Job, souligne sa relation avec Dieu. Les Croisés l'ont considérée comme une seconde Jérusalem, d'autant qu'elle a abrité deux reliques : le Mandylion, image du Christ envoyée au roi Abgar ; le linceul, linge enveloppant le corps de Jésus crucifié. Elle devient enfin la source du christianisme oriental.
Édesse, carrefour des civilisations, est longtemps sous dominance étrangère - romaine, perse, arabe, turque - avant une indépendance éphémère puis devient le premier État latin d'Orient au début de la première croisade. Suivent un demi-siècle de combats et la dévastation en 1146. Les chrétiens se retrouvent alors minoritaires en terre d'islam, mais conservent leur identité religieuse.
La dislocation de l'Empire ottoman est à l'origine de leur anéantissement. Édesse, désormais appelée Ourfa, est un symbole des massacres hamidiens. Plus tard, en 1915, la relation entre les Jeunes-Turcs et l'Allemagne génère la résolution du Grand Crime ainsi que les Arméniens dénomment ce premier génocide du XX<sup>e</sup> siècle. Ourfa est anéantie. Les Turcs, défaits par les Alliés, se relèvent grâce à Mustafa Kemal qui obtient de la France qu'elle renonce à son mandat sur la Cilicie et les territoires de l'Est. En 1924, les Arméniens et les Syriaques survivants doivent partir sans espoir de retour.