Oralité et souveraineté politique en Afrique

Cet ouvrage est traversé par cette thèse : la
place centrale de l'oralité oriente de manière
décisive la conception et l'exercice de la
souveraineté politique en Afrique contemporaine.
Il examine l'imaginaire du pouvoir en Afrique, en
interrogeant les rapports qui lient les peuples
africains, inconsciemment, au souverain ou à
l'autorité politique. Ces rapports sont fondés
sur un accueil affectif de la parole des autorités,
sans une prise en compte consciente de leur
action, et une évaluation des résultats de leur
gouvernance politique. La primauté de l'oralité,
l'oubli du droit positif et la relativisation des
textes rédigés (comme la constitution), sont une
culture vivante en Afrique.
Pour une bonne articulation gouvernance/politique,
il est urgent de suggérer aux
politiques en Afrique, l'emergence d'une
« éthique de la constitution », de sorte que leurs
discours soient la traduction orale du texte
constitutionnel, et leurs actions, le déploiement
de la constitution, au bénéfice du bien-être
individuel de chaque citoyen.