1962... un destin bascule : oui à ce moment-là, j'ai pensé à Ravaillac !

«[...] Prévost nous prévient qu'il va nous
présenter à un ami. Le 12 août, il nous emmène,
Constantin et moi, dans un café près de la gare du Nord.
Nous nous attablons et au bout d'un petit moment il nous
demande de l'attendre quelques minutes. Il revient
accompagné d'un personnage imposant, un rien sévère,
avec ce que l'on peut appeler une «gueule». Il claudique
légèrement. J'apprendrai plus tard qu'il s'agit d'un Pied-Noir
nommé Watin dit «la boiteuse», qui avait participé
activement à la semaine des barricades.
[...] De complot, il en est aussitôt question. J'avais
bien eu vent d'un projet d'abattre le général De Gaulle.
[...] Sans tarder, Watin nous demande si nous
savons tirer au fusil-mitrailleur. Constantin répond sans
hésiter que oui. Surpris, je réponds par l'affirmative de
manière plus molle et Watin me laisse le temps de
réfléchir. La conversation se poursuit entre Prévost et
Watin sur la manière dont l'opération est montée.
[...] Je suis dorénavant impliqué dans une action
hors du commun.
[...] Oui, à ce moment-là, j'ai pensé à Ravaillac !»