Le dépositaire : et autres poèmes. Kritikè : lignes de Crète III

Dans l'exploration du temps qu'elle suppose, la poésie s'adonne
autant au présent qu'à la mémoire. Dans la première partie
du livre, ce n'est pas le passé qui est envisagé, mais l'instant
tel qu'il peut s'offrir, sans extases dûment affichées, ni portes
ouvertes aux regrets.
Les trois autres séquences imposent un déplacement dans
l'espace. L'une indique un amour lointain. L'autre, en terres
borgésiennes, se veut à l'affût de banalités qu'elle exaspère.
La dernière partie, «Lignes de Crète», fait écho à un carnet
de sensations et de pensées déjà donné dans d'autres livres.
La prose y domine, mais sous l'aspect de fragments.
Le gain de ces textes est dans la perte qu'ils suggèrent, laquelle
n'est pas nécessairement dénuée d'espérance. En l'occurrence,
sans démontrer, viennent au jour des poèmes qui ont lieu d'être.