Destinées féminines à l'ombre du naturalisme : Nana (E. Zola), Tess d'Urberville (T. Hardy), Effi Briest (T. Fontane)

Destinées féminines à l'ombre du Naturalisme
Nana, Tess, Effi : les destinées de ces trois héroïnes sont tout entières orientées par la responsabilité morale qui leur est imputée. Chacune d'elles est « coupable » d'un choix existentiel qui contrevient aux lois régissant le comportement des femmes, en cette fin du XIX<sup>e</sup> siècle, où se situe l'action des trois romans. Le corset des moeurs et des circonstances, dont seule Nana semble se jouer, infléchit cruellement le destin de Tess comme celui d'Effi Briest : il les tord, puis les brise. C'est à cette emprise que l'écriture résiste : liée à son objet par une fascination passionnée, elle en épouse la respiration, les souffrances, les combats et les plaisirs, luttant contre l'entrave jusqu'à rompre les digues. Au-delà de l'évocation d'un milieu et d'un inoubliable portrait, c'est bien d'une émancipation impossible, et vitale, qu'il est ici question.