Espagne : les affiches des combattant-e-s de la liberté

Le temps des cerises , le mur des Fédérés, un gréviste le poing levé, une barricade,
un pavé et des affiches sur les murs de la Sorbonne... Toutes ces icônes sont
définitivement associées à la Commune de Paris, au Front populaire, à Mai 68.
Pour l'Espagne entre 1936 et 1939, que reste-t-il dans nos mémoires ?
Un slogan : No Pasaran !
Une photo de Robert Cappa : un milicien anarchiste fauché par une balle franquiste.
Un tableau : Guernica.
Une, voire, dix affiches... Toujours les mêmes.
Pourtant, en moins de trois ans, 3 000 affiches ont été imprimées. Plus de 3 000
«cris» collés sur les murs de Barcelone, Bilbao, Madrid, Malaga, Valence...
Ce livre vous propose de découvrir deux cents affiches, timbres, cartes postales,
éditées par les organisations libertaires : CNT, FAI, FJIL, Mujeres Libres, SIA...
Deux cents sur plusieurs milliers c'est peu, mais c'est suffisant pour vous forger
une opinion.
Deux cents affiches pour réhabiliter ceux qui les ont dessinées : une soixantaine
de graphistes a été identifiée, une vingtaine de biographies vous est présentée.
Deux cents pour constater que leur production a été plus variée que la
légende ne le dit.
Pour comprendre la situation sociale, culturelle d'un quartier, d'une
ville, d'un pays, il suffit de regarder ce que racontent leurs murs.
C'est le pari que nous avons pris dans cet ouvrage. Ouvrez ce livre,
découvrez ce que nous disent les murs de l'Espagne antifasciste.
"Une affiche est un cri lancé depuis un mur. Apparemment
silencieux, son domaine n'est pas celui du
son : c'est un cri visuel. Une alarme. Un avertissement.
Un rappel urgent : L'ennemi menace. Pendant la guerre
civile espagnole, les affiches sont la conscience collective
de la résistance collée aux murs.»
Josep Renau (cette citation est aussi attribuée à Manuel Monleon).
"Le peuple ne rêve pas à l'oeuvre des artistes.
En Espagne, le peuple joue tout, tous les jours. Et les
artistes, sauf d'honorables exceptions, risquent peu,
s'ils risquent quelque chose, dans leur oeuvre.»
Gumsay, «L'Espagne antifasciste», 1938.
"L'exposition est une absurdité. C'est l'antichambre
du musée et le musée, c'est le cimetière.» Gumsay, 1938.