Cosmopolitiques, n° 17. L'eau : un bien commun à composer

Cosmopolitiques, n° 17. L'eau : un bien commun à composer

Cosmopolitiques, n° 17. L'eau : un bien commun à composer
Éditeur: Apogée
2008190 pagesISBN 9782843983054
Format: BrochéLangue : Français

La fluidité de l'eau, sa transparence et sa faible saveur

immédiate nous ont longtemps laissé croire qu'elle était une

ressource parmi d'autres. Il a fallu attendre que ses qualités

soient altérées pour qu'on mesure son importance. Et contre

les «marchands irresponsables», il serait aisé de rappeler

son statut de «bien commun». Pourtant, nous devons

désormais apprendre à le recomposer, car il n'a rien de

naturel. Pas de retour en arrière, impossible, ni de solution

miracle proposée par les commissions d'experts ou les

programmes de partis, qui oublient que c'est la méthode de

composition qui compte. Faire de la politique, c'est bien

composer un monde commun et le faire avec le public

concerné. Tous les articles présentés ici montrent bien

comment les connaissances construites selon les procédures

les plus rigoureuses, celles de la science, gagnent en prise

sur le monde dès lors qu'elles sont constituées par les

collectifs qui sont déjà partie prenante du problème. C'est de

l'expérience d'un collectif hétérogène que peuvent naître les

reformulations des problèmes. Après avoir fait la place qui

convient à l'article magistral de D. Schneider sur Forbes, ce

fondateur de l'écologie («le lac comme microcosme»),

l'ouvrage parcourt une partie du champ de l'eau politique,

depuis les plus militantes (l'entretien de Delcasso qui revient

sur sa trajectoire) jusqu'aux plus gestionnaires et techniques

(Lupton et Bauby, Riaux et Richard), des États-Unis au Chili

(Pflieger) en passant par la Suisse (November, Penalas &

Viot), l'Allemagne (Kropp) et diverses régions françaises

(Allouche et Gaudin). Les techniques, les procédures

citoyennes, les traditions, les affects aussi bien que les

modèles financiers constituent les ingrédients de cette eau

recomposée.

Nous pratiquons désormais des «cosmopolitiques» parce que

les liens qui nous attachent à nos mondes ne sont pas à

trancher mais à rediscuter, parce que la complexité est la base

même de toute l'écologie, parce que l'incertitude de notre temps

rend caduques ou ridicules les prétentions dogmatiques ou

technocratiques. Ces «Cahiers théoriques pour l'écologie

politique» se veulent une contribution régulière pour penser

l'activité politique des acteurs qui font tenir ces collectifs incertains,

qui cherchent à recomposer des espaces de pouvoir ouverts.

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