Jean Le Merdy

Le talent, que cela plaise ou non, place Jean Le Merdy au
premier rang des peintres qui traitent aujourd'hui de la Bretagne.
Dans un pays familier, ce Concarnois s'est forgé un langage
personnel, en fondant les leçons de Georges Braque à celles de
Pierre Bonnard. Il s'est créé une spécialité des sujets ordinaires,
tantôt côtiers, la mer et les ports, tantôt ruraux, les bois et les
champs, sans oublier tant d'objets quotidiens. De la banalité qui
nous entoure, il dégage l'enveloppe sensible et la lumière juste,
il progresse vers la couleur et aborde l'émotion que procure le
réalisme, lorsqu'un travail soutenu l'épure. Tant de sobriété mène
au succès, même s'il déclenche jalousie et imitations.
Néanmoins, le peintre poursuit son chemin, dessinant avec
sûreté, cadrant avec audace, accordant les tons avec maîtrise.
Du renom du Second Grand Prix de Rome en 1956 à l'éclatante
promotion de son art que fit la Région Bretagne en 2004, court
un demi-siècle de réussites, ponctué de vues de ports et d'images
de tempête, de charrues et de haies. Ancien conservateur du
musée de Brest, René Le Bihan, qui suit le parcours de Jean
Le Merdy depuis plus de quarante ans, invite le lecteur à
découvrir la Bretagne telle que la voit l'artiste, à le suivre dans
la nature et à partager la quête de cette part d'indicible, de ce
fragment d'universel que le peintre nomme poésie.