Anne-Bäbi Jowäger : ses expériences de ménagère et de guérisseuse. Gotthelf et Ramuz

Anne-Bäbi Jowäger : ses expériences de ménagère et de guérisseuse. Gotthelf et Ramuz

Anne-Bäbi Jowäger : ses expériences de ménagère et de guérisseuse. Gotthelf et Ramuz
Éditeur: Age d'homme
2004847 pagesISBN 9782825118702
Format: BrochéLangue : Français

Après les quatre romans de Jeremias Gotthelf parus à L'Age

d'Homme ( Uli le valet de ferme, L'argent et l'Esprit, Le miroir des

paysans et Uli le fermier ), ainsi que sa fascinante histoire intitulée

L'araignée noire , voici l'autre chef-d'oeuvre romanesque du «Tolstoï

suisse» : le portrait de la guérisseuse Anne-Bäbi Jowäger, et, au

travers d'elle, de tout un monde campagnard tissé de superstitions, de

croyances, de rites, s'accommodant du mal mais tendant toujours vers

le bien ; bref, de cette humanité brute que l'ère moderne a fait

disparaître. Outre sa valeur romanesque incontestable, Anne-Bäbi

Jowäger constitue bien davantage qu'une mine d'informations sur les

moeurs paysannes : il s'agit en définitive d'une ample symphonie

tellurique, aux mouvements si puissants que nul n'y peut rester

indifférent. Paraissant dans une traduction intégrale de Raymond

Lauener, ce joyau de la littérature universelle vient marquer, en 2004,

les cent cinquante ans de la mort de Gotthelf.

Comme l'a écrit Walter Muschg, «Anne-Bäbi n'est pas méchante,

mais son despotisme bestial pèse comme un cauchemar sur les siens.

Il lui manque toutes les qualités d'un être humain noble : la raison,

l'amour, la sérénité de l'âme ; elle n'est pour ainsi dire que la matière

première nécessaire à un être humain. D'une authentique primitivité,

elle est pieuse aussi, possédée de la foi en l'efficacité de forces

surnaturelles et insaisissables. Anne-Bäbi repose d'une manière si

inébranlable dans cet aveuglement froid, qu'il n'y a pas moyen de l'en

libérer. Quand elle commence à reconnaître les fautes que sa déraison

lui a fait commettre, elle n'est pas poussée, en bonne chrétienne, à la

pénitence ni à la moralisation.»

Le personnage d'Anne-Bäbi n'a aucun équivalent dans la littérature

européenne ; la naïveté propre à sa condition, ses connaissances

exactes du peuple ou encore la justesse de son jugement sur le caractère

humain sont admirables. En somme, la nature primitive que l'on décèle

chez cette paysanne n'est autre qu'une dignité humaine érigée par

Gotthelf en une valeur universelle.

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