Le corps, les rites et la scène : des origines au XXe siècle

L'acteur est le corps même du spectacle vivant. Il est le
muscle, le coeur et le soufle qui donnent vie à ce rite
social, étrange et irréel, le jeu dramatique, à travers lequel
nous nous regardons exister. Il est en même temps l'héritier des
chamanes et magiciens dont
l'art, depuis les origines, contribuait
à construire et maintenir
la cohésion sociale. La question
du corps et de son poids
dans le simulacre n'est pas une
petite question : elle nous
conduit à nous interroger sur
les prémices de la fiction, les
rites.
L'auteur a cherché des réponses
à des questions qui passent par
le jeu de l'acteur : qu'est-ce
que la scène profane doit aux
représentations du Sacré ;
quelle est sa filiation avec les
rites ? Pourquoi y a-t-il un
décalage du théâtre européen
par rapport aux traditions
corporelles du théâtre asiatique ?
quelle est la chaîne des
causes qui transformèrent les
«jeux scéniques» de l'antiquité
en théâtre textuel (alphabétique
et dialogué) ? et enfin,
quel fut, chez les réformistes du
siècle passé, le besoin de
«remodelage» du comédien,
faisant évoluer l'interprête vers
l'acteur-créateur, voire vers
l'actant de la performance ?