Jours de pluies. Fugue majeure

Nous ne sommes pas en sucre. Chacun de nous vit l'histoire qui lui est propre, mais ce n'est qu'une histoire, une histoire pour chacun, une longue histoire de pluie [...].
Ce sont toujours les mêmes qui se font voler leur parapluie. Sortez couverts, sauf que le voleur est passé par là. Big black umbrella.
Toujours les mêmes.
Ce sont toujours les mêmes sous la pluie.
Une femme se raconte par bribes, et ses mots semblent naître de la pluie.
«Je n'ai jamais eu de corps», dit-elle, et, de fait, par le prisme des lambeaux d'histoires qui nous sont contés, c'est la violence faite au corps féminin par les hommes qui apparaît; une violence qui disloque, qui éparpille le corps de Paris à Londres et d'Ibiza à Grenade.
Et si la violence des faits a dispersé le corps au point qu'elle pense n'en avoir jamais eu, les mots nés de la pluie le reconstruisent sous nos yeux.
Nous assistons à la reconquête, à la réunification d'un corps.
Serge Added.
Stéphanie Benson
Du même auteur, chez le même éditeur, romans:
Une chauve-souris dans le grenier
Un singe sur le dos
Le loup dans la lune bleue
Le maître des agneaux
Les compagnons du loup
L'adoration des bergers
La brebis galeuse
Synchronicité
Si sombre Liverpool
Brumes sur la Mersey
Al teatro
Cavalier seul
Cheval de guerre
Moros