Les bouffons : roman des temps révolutionnaires

Ce ne sont pas, on s'en doute, les époques paisibles et
souriantes qui font les bons romans historiques. Or, quelle
période de notre histoire fut moins paisible, plus mouvementée,
plus sanglante et plus délirante que la Révolution
française ?
Avec une perspicacité fondée sur une érudition sans faille,
Hubert Monteilhet s'en est avisé. Et la passionnante histoire
qu'il nous livre, riche en ténébreuses intrigues comme en
révélations insolites, en rebondissements tragiques comme en
péripéties où le drame tourne soudain à l'irrésistible farce,
nous montre qu'il a su tirer pleinement parti des étonnants
matériaux romanesques qui s'offraient à lui.
À travers les multiples aventures de Lazare de Kervignac,
jeune aristocrate de province venu dans le Paris révolutionnaire
sous une fausse identité, et agent malgré lui du mystérieux
et omniprésent baron de Batz, le plus redoutable et
machiavélique des conspirateurs royalistes, nous découvrons
les stupéfiantes folies, parfois cocasses mais souvent sanglantes,
d'une époque où tous les instincts se déchaînaient
ensemble, toutes les utopies les plus démentes se donnaient
libre cours, tous les vices s'exerçaient au nom même de la
vertu.
S'étant introduit dans l'entourage de Saint-Just et s'étant
acquis la faveur de celui-ci, le jeune Kervignac se retrouve en
même temps au coeur de la conspiration qui aboutira au
9 Thermidor et à la chute de Robespierre, événements dont
Monteilhet nous donne une interprétation inédite et d'autant
plus fascinante qu'elle est étonnamment plausible.