Un lieu où reconstruire : l'école Gilbert Bloch d'Orsay, 1946-1970

Lucien Gilles Benguigui a patiemment reconstitué l'histoire de l'école qui a
fortement participé au relèvement du judaïsme français dévasté par la guerre.
Cette école de cadres, qui reçoit le nom de Gilbert Bloch, jeune résistant juif
tombé en 1944, a été fondée sous l'impulsion de Robert Gamzon-Castor.
Tout en s'engageant dans un ressourcement et une recherche sur l'identité
juive malmenée, elle a initié la formation d'une nouvelle génération de
cadres communautaires et a révélé à elles-mêmes des figures de proue de la
communauté, telles Manitou (Rav Léon Askenazi), Armand Abecassis, Henri
Atlan ou Gérard Israël.
La rencontre féconde, première symbiose historique entre jeunes séfarades
d'Afrique du Nord et ashkénazes de France, est exemplaire pour notre époque
en recherche d'une société pluriculturelle.
Un courant de pensée et d'action a pris naissance, sous la direction de Robert
Gamzon, puis de Manitou, qui a nourri durant près de 25 ans l'enthousiasme de
ceux qui influencent jusqu'aujourd'hui les destinées de la communauté. Nous
découvrons au plus près la naissance du mythe «Manitou», et l'empreinte qu'il
a laissée sur la pensée juive contemporaine.
Benguigui analyse minutieusement tous les aspects du fonctionnement de
l'école, des temps de sa gloire aux temps de son déclin, de la génération des
fondateurs à celle des directeurs, et nous expose la spécificité et l'importance
de son apport dans le mouvement plus vaste qui a été nommé «l'Ecole de
Pensée Juive de Paris».
«J'ai fait beaucoup de conneries dans ma vie et je crains d'en faire encore,
mais (...) la chose la plus intelligente que j'aie jamais faite, c'est d'être allé à
Orsay.» (Guy Rosenfeld, ancien d'Orsay)