Frontières du romanesque : Stendhal, Balzac

Pour Stendhal, la «matière d'Italie» est une manière
de vivre et d'écrire : littérature, musique, peinture,
politique, histoire. Pour Balzac aussi, lecteur
enthousiaste de La Chartreuse de Parme , l'«italianité»
est une frontière du romanesque, une altérité qu'il
veut englober dans l'espace de la narration, sur les
traces du Milanese. L'Italie romanesque fait dialoguer
Stendhal et Balzac, de même que la Russie, cette
autre frontière bien plus difficile à franchir, d'une irréductible
étrangeté. La «matière de Russie» apparaît
dans les écrits intimes de Stendhal comme douleur
ineffaçable, symbole d'une tragédie individuelle et
collective. Dans la Comédie humaine , par le souvenir
de l' Enfer de Dante, Balzac fait ses adieux à l'histoire,
après la Bérézina.