Figures de l'infantile : la psychanalyse dans la vie quotidienne auprès des enfants

La psychanalyse permet d'interroger le statut de la parole adressée aux
enfants et ainsi d'élucider les conditions de l'éducation, soit familiale, soit
scolaire. C'est à partir de cette thèse - développée sans recours au langage
obscur trop répandu dans le champ - que le débat actuel autour de la
disparition de l'enfance moderne, auquel participent cliniciens, pédagogues,
historiens et sociologues, est revisité par Leandro de Lajonquière. À contrecourant
de l'idée dominante, l'auteur souligne l'absence de connaturalité
entre ce que l'on entend par enfance et par enfants.
L'enfance serait alors un des noms de notre inquiétante étrangeté. La
modernité a inventé une manière d'adresser la parole aux enfants, de les
éduquer. Celle-ci intègre un dispositif symbolique capable de traduire en
métaphore le reste du manque de rapport inévitable entre un adulte et
un enfant. La métaphore n'est jamais totale et inclut toujours un résidu -
l'infantile - qui fait de l'adulte un simple vieux. Les effets quotidiens de ce
que l'on croit être la disparition de l'enfance seraient alors le résultat d'un
dérèglement symbolique de la façon actuelle d'éduquer. Ce rabaissement
généralisé de la vie auprès des enfants exprimerait le refus adulte de
l'infantile et de la dette symbolique envers l'esprit des temps modernes.