Le banquet imaginaire. Vol. 2. Le cinéma sans la télévision

En France, la télévision a sauvé la vie du cinéma. Elle ne l'a pas fait de
son plein gré, mais sous les pressions conjuguées d'artistes, des
pouvoirs publics et des professionnels du grand écran. Contrainte de
soutenir le cinéma, elle lui à peu a peu imposé sa propre logique. Ce
modèle paradoxal, qui était lourd de dangers, approche aujourd'hui de
sa fin. Tous ceux qui se préoccupent de l'avenir de la création cinématographique
estiment que ce système ne
doit pas être abandonné brusquement,
et qu'il faut au contraire en tirer tous les
avantages encore possibles : des adaptations
sont élaborées et mises en place
par les pouvoirs publics et les professionnels,
et c'est bien ainsi. Mais il faut
aussi réfléchir à un modèle alternatif durable.
C'est pour mener ce type de recherche prospective, dégagée des
urgences du court terme, qu'a été créée L'Exception, groupe de réflexion
sur le cinéma.
L'Exception n'est pas un groupe de pression, mais un cercle indépendant,
dont les travaux sont destinés à être mis à la disposition de tous.
Cette deuxième édition du Banquet imaginaire , fruit de la rencontre d'artistes,
de critiques, d'enseignants, de philosophes et de professionnels,
publie aujourd'hui les éléments d'une réflexion qui explore les possibilités
d'un autre environnement économique et institutionnel pour le cinéma.
Cette exploration est aussi, est d'abord, une réflexion esthétique et
politique : quelle est aujourd'hui la nature du cinéma tel que les mutations
du passage au XXI<sup>e</sup> siècle le changent, mais ne l'abolissent pas ? Quel
est le rôle singulier, dans l'environnement contemporain, des représentations
visuelles ? Il s'agit d'inventer le mode de vie futur du cinéma : ce
livre contribue à dire comment, mais aussi pourquoi.