La première année de correspondance entre Mme de Sévigné et Mme de Grignan

Lorsque M<sup>me</sup> de Grignan quitte sa mère pour aller vivre en Provence, M<sup>me</sup> de Sévigné découvre non seulement l'intensité exceptionnelle de ses sentiments mais encore le désir d'instaurer un mode de communication irréductible aux pratiques de civilité usuelles. Pratiqué sans a priori, bien que naturellement perméable aux valeurs de l'art de plaire mondain, le style inventif et généreux des lettres à M<sup>me</sup> de Grignan résulte donc moins des théorisations de l'art épistolaire que d'un apprentissage tout empirique des pièges du dialogue par lettres, moins du savoir-faire galant que d'une volonté d'instituer un échange qui soit à la hauteur d'exigences affectives inédites, moins de postulats esthétiques que de solutions pragmatiques.