Le cercle des concepts disparus : philosophie et science(s) de l'éducation

Cet ouvrage propose un filtrage récurrent (au sens de Michel
Serres) de l'histoire des concepts philosophiques convoqués par
l'éducation.
Il propose, au départ, deux topiques de la philosophie : la
philosophie comme projet de société démocratique (antique
puis moderne) visant des finalités politiques et la philosophie
comme projet de définition d'un sujet digne, à la poursuite de
finalités morales et/ou éthiques. Ces topiques révèlent toujours
des fictions théoriques d'un Universel Abstrait qui nous
instruisent peu sur le processus éducatif.
Une autre mise en scène est alors proposée qui propose
le politique et l'éducation comme «arts vivants». Mais cette
esthétisation trop subjectivocentrée risque de laminer tout
projet démocratique de la polis.
Le recours à l'histoire de la philosophie et à l'épistémologie
permettra alors de démythologiser le concept de sujet et de se
résoudre à un projet plus modeste que celui de ses ambitions
originaires. Philosopher équivaudrait à l'art de concevoir.
L'avancée de l'histoire des concepts et la déconstruction
du concept de sujet interroge les sciences humaines et plus
particulièrement les sciences de l'éducation. Quel lieu demeure
alors possible pour le philosophe, en sciences de l'éducation ? La
compréhension du processus de connaissance, seule possibilité
de fondement du processus de subjectivation.
Archéologique et critique, la philosophie assume alors
essentiellement une tâche de vigilance épistémologique à l'égard
des sciences humaines.