Pratiques et méthodes de la socio-histoire

Ce livre n'est pas un manifeste scientifique en faveur d'un paradigme ou d'une sous-discipline,
mais le compte-rendu final d'une série de manifestations scientifiques ayant porté sur une
manière de faire des sciences sociales en science politique depuis une vingtaine d'années. En
invitant quelques chercheurs à présenter leur pratiques de recherche à la fois sous l'angle de la
délimitation d'un terrain d'enquête et sous celui de la mobilisation de méthodes d'analyse, on
espère montrer par l'exemple la diversité et l'étendue de l'approche socio-historique.
Contrastées dans leurs objets comme dans leur labellisation, les contributions réunies ici n'en
partagent pas moins un certain «air de famille» : démarche inductive plutôt que déductive ;
recours privilégié à des sources de première main et attention particulière à leur critique méthodique
et à leur mise en série ; interprétation en termes de processus pour expliquer le présent,
reconstituer le passé dans son déroulement, et mettre au jour les possibles non advenus ;
volonté de restituer le plus finement possible les pratiques des acteurs, eux-mêmes socialement
et historiquement situés, autant que leurs discours et leurs représentations. S'il fallait
ainsi qualifier l'approche socio-historique illustrée dans cet ouvrage, on dirait volontiers que
son penchant la porte à la fois vers la reconstitution des logiques de construction des institutions,
au sens anthropologique du terme, et vers l'investigation du rapport des individus
(acteurs, agents...) à ces mêmes institutions.