Descartes et la connaissance de Dieu

Comment connaître Dieu ?
Est-il légitime de faire de son
essence l'objet de la méthode,
d'appliquer à sa nature et à
ses attributs les modes de
connaissance définis par cette
méthode, à savoir l'induction, la déduction voire l'intuition ?
Comment défendre la possibilité d'une intellection claire et
distincte de l'essence de Dieu, telle que la représente son idée, et
faire droit à l'incompréhensibilité attachée à son infinité ?
Le paradoxe de la métaphysique cartésienne consiste à la fois
à revendiquer la possibilité de connaître Dieu à partir de son
essence, selon la «vraie définition» qu'en donne son idée innée, et
à poser l'incompréhensibilité de cette essence, irréductible à
ce que la raison peut en déterminer. C'est sur ce paradoxe que
s'élaborent une «science parfaite» de Dieu et un traité de ses
attributs, que Descartes déclare avoir tous «expressément
prouvés».
Le Dieu de la métaphysique n'est toutefois pas seulement objet
de science ; il suscite aussi la plus «violente des passions» :
sa connaissance et la preuve de tous ses attributs n'ont en effet
d'autre utilité que de nous conduire à son amour, lequel procure
des «satisfactions» et «des contentements qui valent incomparablement
davantage que toutes nos petites joies passagères».