Les golondrinas ou Les trois soeurs d'Almeria

Hommes et femmes font ici en sorte que la vie gagne, entre
crise économique et lâcheté, larmes et ténacité, illusions et regrets.
Leur histoire personnelle croise celle de la province d'Almería,
au sud-est de l'Espagne : entre 1902 et 1909, de nombreux
hommes quittent la région, en perte de vitesse économique, pour
aller s'embaucher une saison ou plus en Afrique du Nord. On
les baptise les golondrinas (hirondelles). Pendant leur absence,
l'énergie des femmes restées au pays, délibérément actrices de leur
vie, fait le reste...
D'où vient le nomadisme viscéral de ces hommes qui tissent
un nid qu'ils n'habitent pas et qui émigrent loin et longtemps ?
Juan Manuel, le grand-père maternel de l'auteur, part deux ans
avec son frère en Algérie ; Bartolomé, son grand-père paternel,
choisit l'Argentine où il reste quatre ans. Lorsque son épouse
décède, il rentre, épouse sa belle-soeur et repart en lui laissant la
charge des trois enfants de son premier mariage. Il ne reviendra
pas pendant huit ans... Mais comme les autres golondrinas , il
porte son pays à même la peau et c'est avec lui qu'il transpire, fort
d'une incroyable capacité de rebondir et de repartir à zéro quand
cela est nécessaire.