Quand lire c'est faire : l'autorité des communautés interprétatives

Quand lire c'est faire
«S'il faut lire Fish aujourd'hui, c'est au titre
d'une bombe à retardement. Vingt-cinq ans
après leur parution dans leur langue originale,
les essais consacrés à la dimension projective
de l'interprétation s'avèrent tirer un sens et
une urgence renouvelés à la lumière des évolutions
récentes des débats publics et des
mentalités. Sa théorie du lecteur-faiseur de
texte peut être mise en série avec d'autres
formes contemporaines de «libération», d'encapacitation
( empowerment ) et de revendication
d'«autonomie». Pas besoin d'attendre du
Maître qu'il nous donne la clé de la bonne
interprétation du texte (qu'il serait seul à détenir).
Sous les pavés disciplinaires de l'histoire
littéraire, la plage de toutes les libertés interprétatives
! Cela ouvre le champ à une
conception de la politique très différente de
celle qui domine dans la France d'aujourd'hui
- une politique qui n'est à penser ni en termes
d'essence, d'être ou d'action (selon le modèle
«jacobin»), ni en termes d'identités (selon le
modèle «communautariste»), mais en termes
de devenirs , de transformations , de réappropriations
créatrices , de détournements imprévisibles
et de piratages enjoués. »
Yves Citton (extrait de la préface)