Europe & Orient, n° 8. Think tanks : information ou manipulation ?

Institut Tchobanian
L'Institut Tchobanian est un centre indépendant de recherche en études stratégiques pour le Caucase, l'Asie-mineure et le Moyen-Orient.
Quelques extraits de ce numéro :
Les think tanks , ces réservoirs à idées et ces sources d'influence, en principe indépendants, parfois véritables créateurs d'opinion en politique étrangère, typiques de nos sociétés, marquées par l'influence, prolifèrent : plus de 1 500 aux USA (un tiers du total mondial). En France, une centaine de clubs de réflexion et d'influence (leur équivalent chez nous). Reste à savoir ce que recouvre l'étiquette : recherche pure, expertise indépendante, conseillers du Prince, propagation d'idéologies via les élites et les médias, représentation de la société civile, lobbying et influence...
François-Bernard Huyghe
Imbriquées les unes dans les autres, comme des poupées russes, ces organisations auto-proclamées « indépendantes », « ONG », etc. ne sont pas faciles à traquer. Comme dans le monde de l'espionnage certaines peuvent être des organisations « dormantes », travaillant et produisant des rapports anodins pendant des mois ou des années et se réveiller, au moment opportun, sur commande, pour distiller l'information ou plus exactement la désinformation pour influencer les dirigeants ou l'opinion publique.
Varoujan Sirapian
Plusieurs think tank pro-establishement à Washington, tels que Center for Strategic & International Studies, Jewish Institute for National Security Affairs, Carnegie Endowment for International Peace, Brookings Institution, Heritage Foundation, Council on Foreign Relations, and American Enterprise Institute, ont récemment édité des rapports spéciaux qui cherchent à influencer des personnes orientant la politique des Etats-Unis en faveur de la Turquie...
Harut Sassounian
Obama a ouvertement accusé l'Empire ottoman d'avoir commis un « grand crime », l'une des actions les plus barbares du siècle (sic), qui a fait un million et demi de victimes (re-sic). Moi je dis : chapeau ! Alors que ces traîtres du gouvernement d'Arménie ont scandaleusement savonné la planche en lui donnant, avec cette « feuille de route » criminelle, un prétexte en or pour dire le strict minimum comme ses prédécesseurs, il a tout de même eu le courage de dire tout !
Claude Mutafian
Rappelons que l'UE a invité la Turquie à normaliser le statut de l'armée, en soumettant définitivement celle-ci au pouvoir civil. « Bien que l'armée prône l'adhésion à l'UE comme un résultat, elle estime que l'harmonisation des législations empêche les militaires de mener une guerre efficace contre le terrorisme. Avec ce genre de discours, l'armée a démontré, en fait, qu'elle ne souhaitait pas réellement être membre de l'UE », a commenté Beril Dedeo(...)lu, professeure de relations internationales à l'Université du Bosphore d'Istanbul.
Bastien Alex
Ces dernières années, l'absence de vision stratégique d'un leadership israélien médiocre n'a pas permis d'aboutir à des avancées notoires. Or, sans l'obtention de fruits substantiels, palpables par les Palestiniens de Cisjordanie, comment le chef de l'exécutif israélien pourrait-il confondre le jusqu'au-boutisme inconséquent du Hamas ?
Frédéric Encel
Pourquoi l'Occident, qui, auparavant, ne voulait pas d'une confédération, l'accepterait aujourd'hui ? Je pense que l'expérience américaine, en Irak et en Afghanistan, a montré l'impossibilité aujourd'hui de dicter ses conditions à n'importe quel pays tout faible soit-il. La haine déclenchée par l'appui américain et occidental à Israël et l'injustice occidentale en sa faveur, ont montré à l'Occident l'inanité et la nuisance de cette politique.
Roger Aki
The Ergenekon case has become so broad and complex, and the arguments of the 2,500-page indictment so muddling, that it has left most people utterly confused. Many of those arrested still do not know what they are being charged with. Yet a recent opinion poll showed that some 60 % of Turks believe in the conspiracy. Even some former prime ministers have acknowledged the existence of a shadowy network of rogue security officials and bureaucrats known as the « deep state » who will stop at nothing to stay in power.
The Economist