La vraie vie est ailleurs

La vraie vie est ailleurs

La vraie vie est ailleurs
Éditeur: Dilettante
2012316 pagesISBN 9782842637385
Format: BrochéLangue : Français

Quelque chose en moi me

disait que Juredieu serait mon

mauvais ange, et tout entier

je me donnais à lui.

La vraie vie était là, dans

cette brume de l'esprit, avec au

coeur cette chaleur de l'amitié.

À l'occasion de la parution du huitième

roman de Jean Forton, Les Sables mouvants ,

Matthieu Galey écrivait dans la revue

Arts du 5 novembre 1966 un article intitulé

«Mais qui est donc Forton ?» et portait

ainsi symboliquement le coup de grâce

à la carrière de l'auteur. Le critique

avait oublié L'Épingle du jeu , roman

chroniqué en 1960 avec enthousiasme, et

avec lui son auteur. «L'édition est-elle

une entreprise de conserves, une simple

auxiliaire du dépôt légal ? Le temps

n'est-il pas venu de "sortir" cet auteur

remisé depuis quinze ans dans la

naphtaline des entrepôts, ou de lui

signifier, comme on le fait par exemple

pour certains officiers de marine, qu'il

n'a plus à espérer d'avancement ? Ce

serait plus honnête "et plus sain" que

de lui ménager cette éternelle obscurité,

cette indifférence dont il doit se désoler.

L'imposer ou le déposer, telle est

l'alternative qu'il aurait fallu trancher

depuis belle lurette, au lieu de le mener

en bateau, au cas où, par hasard...»

Sous-entendu au cas où il décrocherait

le gros lot : le Goncourt.

Et de fait, l'insuccès de Jean Forton

lasse son éditeur et ne le pousse guère à

la mansuétude. Après deux précédents

refus, quand son plus fidèle soutien aux

Éditions Gallimard, Jacques Lemarchand,

retoque L'Enfant roi en 1969, Jean Forton

met fin en toute discrétion à sa carrière

publique d'écrivain (par une triste ironie

du sort, la ville de Bordeaux lui attribue

l'année suivante son Grand prix de

littérature). Il continue néanmoins à

écrire, fidèle à ses engagements de

jeunesse (le 25 août 1947 il confiait dans

une lettre à sa mère : «Il faut que je te

répète que je serai, plus tard, qu'un

écrivain, bon ou mauvais. La question

n'est pas là. À dix-sept ans et demi on

sait ce que l'on veut. Ce n'est pas une

tocade mais une vocation.»), mais sans

chercher à se faire publier.

Dans sa correspondance, Jean Forton

fait allusion à un roman intitulé La vraie

vie est ailleurs. Curieusement on ne trouve

pas trace de ce texte dans les archives

de l'écrivain. Intrigué, Le Dilettante

persuade Mme Forton de rechercher

ce manuscrit fantôme. Sous l'amicale

pression de l'éditeur et après de longues

semaines d'enquête, elle met la main

sur ce roman égaré dans un dossier

portant le titre d'un roman déjà paru.

Plus de mystère et une sacrée découverte.

Le Dilettante n'a pas vocation à publier

l'ensemble d'une oeuvre d'un auteur,

et si aujourd'hui nous vous proposons

ce roman inédit c'est parce qu'il ne

ressemble en rien à ce que l'on appelle

communément un fond de tiroir.

Jugez plutôt.

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